DPE
Mis à jour le 14/03/2026 6 min de lecture

Nouveau calcul DPE 2026 : le coefficient électricité corrigé

Depuis le 1er janvier 2025, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 2,1. Impact sur votre étiquette DPE.

Depuis le 1er janvier 2025, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire a été abaissé de 2,3 à 2,1 par décret ministériel. Ce changement, technique en apparence, a des conséquences directes sur l'étiquette DPE de millions de logements chauffés à l'électricité en France. Voici ce que cela signifie concrètement pour votre bien immobilier.

Comment le DPE est-il calculé ?

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie d'un logement en kWhep/m²/an (kilowattheures d'énergie primaire par mètre carré et par an). La notion d'"énergie primaire" est clé : elle représente l'énergie nécessaire pour produire et acheminer l'énergie que vous consommez réellement (énergie finale).

Pour l'électricité, l'énergie finale (kWhef) que vous consommez chez vous correspond à bien plus d'énergie primaire, car il faut tenir compte des pertes lors de la production en centrale, du transport sur le réseau et de la distribution. C'est pourquoi un coefficient multiplicateur est appliqué :

Consommation en énergie primaire = consommation en énergie finale × coefficient de conversion

Pour les autres énergies, les coefficients de conversion sont les suivants :

ÉnergieCoefficient de conversion
Électricité (avant jan. 2025)2,3
Électricité (depuis jan. 2025)2,1
Gaz naturel1,0
Fioul domestique1,0
Bois (granulés, bûches)1,0
Réseau de chaleur urbain0,6 à 1,0 selon réseau
GPL (propane, butane)1,0

Le gaz, le fioul et le bois ont un coefficient de 1,0, ce qui signifie que leur énergie finale est directement égale à leur énergie primaire. L'électricité, historiquement très pénalisée par ce coefficient, bénéficie désormais d'un traitement plus favorable qui reflète mieux la réalité du mix électrique français, de plus en plus décarboné.

Historique du coefficient électricité

Le coefficient de conversion de l'électricité a connu plusieurs évolutions au fil des réformes du DPE :

  • Avant 2021 : le coefficient était fixé à 2,58, issu de la directive européenne EPBD transposée en France. Il reflétait les pertes dans les centrales thermiques classiques (rendement moyen ~40 %).
  • 2021 (réforme DPE) : abaissement à 2,3 dans le cadre de la réforme globale du DPE qui le rendait opposable juridiquement. Cette valeur intégrait déjà la part croissante du nucléaire et des renouvelables dans le mix français.
  • Janvier 2025 : nouveau coefficient de 2,1, fixé par le décret du 20 novembre 2024. Ce choix traduit l'amélioration continue du mix énergétique français (nucléaire ~70 %, renouvelables ~25 %) et la réduction des pertes réseau grâce aux investissements dans les smart grids.

Les seuils de classe DPE rappelés

Pour comprendre l'impact du changement de coefficient, voici les seuils de classification DPE :

ClasseSeuil (kWhep/m²/an)
A< 70
B70 à 110
C111 à 180
D181 à 250
E251 à 330
F331 à 420
G> 420

Les logements classés F et G sont les "passoires thermiques". Depuis janvier 2025, les logements G ne peuvent plus être mis en location. Les logements F seront à leur tour concernés à partir de 2028.

Impact concret sur l'étiquette DPE : exemples chiffrés

Exemple 1 — Appartement avec chauffage électrique direct

Un appartement de 65 m² équipé de convecteurs électriques consomme 130 kWhef/m²/an.

  • Avec l'ancien coefficient (2,3) : 130 × 2,3 = 299 kWhep/m²/an → Classe E
  • Avec le nouveau coefficient (2,1) : 130 × 2,1 = 273 kWhep/m²/an → Classe E

Dans ce cas, la classe ne change pas, mais la consommation en énergie primaire baisse de 26 kWhep/m²/an. Le logement se rapproche du seuil bas de la classe E (251), ce qui le rend plus facile à faire passer en D avec quelques travaux.

Exemple 2 — Maison avec pompe à chaleur air-eau

Une maison de 120 m² chauffée par une PAC air-eau (COP 3,5 en conditions réelles) consomme 72 kWhef/m²/an.

  • Avec l'ancien coefficient (2,3) : 72 × 2,3 = 165,6 kWhep/m²/an → Classe C
  • Avec le nouveau coefficient (2,1) : 72 × 2,1 = 151,2 kWhep/m²/an → Classe C

La classe reste C, mais la consommation calculée diminue de 14 kWhep/m²/an. Le logement s'éloigne du seuil D et se rapproche du seuil B (110).

Exemple 3 — Maison avec PAC performante, classe B/C à la limite

Une maison de 100 m² avec PAC récente et isolation performante consomme 52 kWhef/m²/an.

  • Avec l'ancien coefficient (2,3) : 52 × 2,3 = 119,6 kWhep/m²/an → Classe C
  • Avec le nouveau coefficient (2,1) : 52 × 2,1 = 109,2 kWhep/m²/an → Classe B

Ce cas illustre le changement de classe. Ce logement passe de C à B grâce uniquement au changement de coefficient, sans aucun travaux supplémentaires.

Exemple 4 — Logement à la limite F/G

Un logement avec vieux convecteurs électriques consomme 205 kWhef/m²/an.

  • Avec l'ancien coefficient (2,3) : 205 × 2,3 = 471,5 kWhep/m²/an → Classe G
  • Avec le nouveau coefficient (2,1) : 205 × 2,1 = 430,5 kWhep/m²/an → Classe G

La classe reste G mais s'approche du seuil F (420). En réduisant légèrement la consommation (remplacement de quelques convecteurs par des radiateurs à inertie, par exemple), ce logement pourrait passer en classe F — ce qui ne résout pas le problème d'interdiction locative à terme, mais donne un répit.

Qui est concerné par ce changement ?

Sont concernés : tous les logements dont le chauffage principal est électrique — convecteurs électriques, planchers chauffants électriques, pompes à chaleur air-eau ou air-air, radiateurs à inertie. Pour eux, la consommation en énergie primaire calculée diminue mécaniquement de 8,7 %.

Ne sont pas concernés : les logements chauffés au gaz, au fioul, au bois ou au réseau de chaleur. Leurs coefficients restent inchangés à 1,0.

Les plus favorisés : les logements équipés de pompes à chaleur performantes (COP élevé), car ils consomment peu d'énergie finale et bénéficient doublement : faible consommation × coefficient réduit. Ces logements sont les plus susceptibles de gagner une classe DPE.

Les moins favorisés par le changement : les logements avec chauffage électrique direct (convecteurs), car si le coefficient diminue, la consommation en énergie finale reste élevée. La réduction absolue en kWhep reste proportionnellement moins impactante par rapport à leur niveau de consommation.

Dois-je faire refaire mon DPE pour bénéficier du nouveau coefficient ?

Un DPE réalisé avant le 1er janvier 2025 avec l'ancien coefficient (2,3) n'est pas automatiquement mis à jour. Si votre DPE a été établi entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2024, il reste valable jusqu'à sa date d'expiration (10 ans), mais il ne reflète pas le nouveau coefficient.

Si votre logement est à la limite entre deux classes DPE et que vous pensez que le nouveau coefficient pourrait faire changer votre classe (comme dans l'exemple 3 ci-dessus), vous avez tout intérêt à faire réaliser un nouveau DPE selon la méthode actualisée. Le coût d'un DPE est de 100 à 250 € selon la taille du bien et le diagnostiqueur.

Cas où un nouveau DPE est particulièrement utile :

  • Logement actuellement classé G avec chauffage électrique → vérifier s'il passe en F
  • Logement classé C à la limite haute → vérifier s'il passe en B
  • Logement mis en vente ou en location → l'étiquette DPE actualisée peut valoriser le bien

Impact sur le marché locatif

Le changement de coefficient intervient dans un contexte de durcissement progressif de la réglementation sur les passoires thermiques :

  • Janvier 2025 : interdiction de location des logements G (> 420 kWhep/m²/an)
  • Janvier 2028 : interdiction prévue pour les logements F
  • Janvier 2034 : interdiction prévue pour les logements E

Pour les propriétaires bailleurs de logements chauffés à l'électricité classés F ou G, le nouveau coefficient peut représenter une bouée de secours temporaire — notamment pour les logements à la limite G/F. Mais cette fenêtre ne dispense pas d'une rénovation énergétique réelle pour assurer la pérennité locative du bien.

FAQ

Mon DPE réalisé en 2023 doit-il être refait ?

Il n'est pas obligatoire de le refaire si vous n'avez pas de transaction ou de mise en location prévue. Mais si votre classe est à la limite et que vous souhaitez une évaluation actualisée, un nouveau DPE intégrant le coefficient 2,1 peut être utile.

Le changement de coefficient modifie-t-il les aides à la rénovation ?

Non directement. MaPrimeRénov' et les CEE sont calculés sur la base des travaux réalisés et des profils de revenus, pas sur la classe DPE. En revanche, certains prêts (éco-PTZ bonifié) et certaines obligations de rénovation sont liés à la classe DPE, qui peut être affectée.

Le coefficient s'applique-t-il aussi aux panneaux solaires photovoltaïques ?

Non, le coefficient de conversion concerne l'électricité consommée depuis le réseau. La production solaire auto-consommée est traitée différemment dans le calcul DPE (elle vient en déduction de la consommation).

Le coefficient va-t-il encore changer dans le futur ?

C'est probable. La France s'est engagée à décarboner son mix énergétique, et un mix encore plus propre (renouvelables supplémentaires, nouvelles capacités nucléaires) pourrait justifier un abaissement ultérieur du coefficient, peut-être vers 1,8 ou 2,0 à l'horizon 2030.

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